Journal d’une apprentie de l’hypnose #épisode 4

Publié par Virginie Thuilliez le

Chaque semaine, je vous livre les réflexions qui ont fini par me convaincre de me reconvertir au métier d’hypnothérapeute, ainsi que les étapes nécessaires à la réalisation de mon projet.

Si vous avez raté l’épisode précédent, c’est ici

Mes premiers pas avec l’hypnose : la formation

se former
formation

Les mois passent, et s’égrènent doucement… trop doucement… tellement doucement que j’ai failli m’endormir dans le grand huit. Il faut dire que mon chéri ne se plaint pas trop, j’ai nettement amélioré mon niveau en préparation de bons petits plats ! Finalement, l’année 2017 se termine. Elle aura été riche en émotions, et m’aura permis de remettre à plat tous mes projets et mes rêves, et de préparer le terreau pour l’année suivante.

Janvier 2018 : mes débuts en formation

champagne

Bienvenue 2018… année de la réussite ! Bon, je sais pas encore vraiment ce que ça va donner, mais je crois tellement en mon projet que je suis convaincue que je peux le réaliser haut la main ! J’imagine déjà le jour où j’organiserai la soirée d’inauguration de mon cabinet flambant neuf, où le champagne coulera à flots, et que le journal local de ma petite ville de campagne saluera l’installation d’une praticienne en hypnose dans la région. Comme je te l’ai déjà dit, j’ai le goût du rêve, c’est comme ça que j’avance !

Et comme si je ne l’attendais plus, ce premier jour de formation arrive enfin ! Nous sommes fin janvier 2018. Seulement deux petits jours de formation m’attendent pour cette première session. Mais je compte en profiter et me nourrir de cette manne intellectuelle comme si je n’avais rien mangé depuis des mois.

La formation proposée se décompose de la manière suivante :

travailler
  • Un premier module de deux jours
  • Un deuxième module de cinq jours (deux mois après)
  • Un troisième module de cinq jours (deux mois après)

J’avoue que toutes les personnes à qui j’en ai parlé se sont étonnées de la durée de cette formation, qui semble très courte. Moi la première. Mais comme c’est une personne de confiance qui me l’a recommandée, ça a été mon critère numéro un, et j’ai préféré faire comme si ce serait top, malgré les à priori que je pouvais avoir. Et oui, au bout d’un moment, faut bien se décider et se lancer, sinon, le grand huit, il part sans toi.

Me voilà donc partie, en ce samedi matin pluvieux et froid, sur la route de l’hypnose. Il est 6h45, tout le monde dort encore, et moi, je prie pour que ma voiture démarre enfin… Quelques essais plus tard, c’est parti ! Et 1h45 plus tard, me voilà arrivée en banlieue lilloise.

grand huit

C’est donc là que j’ai vécu mes premières découvertes et mes premiers tâtonnements en hypnose. Ca y est, le grand huit a enfin pris de la vitesse ! J’ai commencé à comprendre comment fonctionne ce merveilleux outil, d’où il vient, comment on peut l’utiliser, et surtout, j’ai pu faire mes premières « inductions hypnotiques », ce moment qui consiste à accompagner une personne vers l’état d’hypnose. Je pense que ce moment restera le plus fort de ces deux jours.

La première fois que tu accompagnes quelqu’un vers l’état d’hypnose, tu pars convaincu(e) qu’il y a des chances pour que ça ne marche pas. Parce que, avouons le, ça fait même pas deux jours que tu te formes à l’hypnose, et t’as franchement pas l’impression d’être compétent pour tester ce qu’on te demande. Tu te sens comme quelqu’un qu’on jette dans le grand bain au bout d’une petite heure d’explications théoriques sur la brasse et le crawl. Mais comme t’as pas le choix, et qu’il faut bien s’entraîner pour apprendre, tu sautes dans l’eau, avec cette impression que tu risques de couler.

content
victoire

Et c’est là que tout devient magique… Car tu ne coules pas, tu flottes ! Et oui, ton induction hypnotique fonctionne du tonnerre, et elle fonctionne tellement bien que tu en es toi-même étonné(e). Et comme tu as réussi, tu as envie de recommencer.

Ces deux jours m’ont également permis de confirmer que j’étais à la bonne place, parmi cette quinzaine de personnes, qui semblaient toutes bienveillantes et attentives à l’autre, soucieuses de pouvoir aider un maximum de personnes grâce à ce fabuleux outil qu’est l’hypnose.

Alors bon, deux jours d’initiation, je confirme, c’est un peu court. Surtout que le contenu de la formation était extrêmement riche et intéressant. De retour chez moi, il m’a fallu environ une semaine pour disséquer et ingurgiter tout ce qui m’avait été enseigné. Et une fois que tout semble digérer… et bien il faut s’entraîner !

volontaires

Et c’est là que tes amis deviennent indispensables à la réussite de ton projet… Parce que oui, pour se former à l’hypnose, et pour s’entraîner, il faut des volontaires !!! Au début, j’avoue que j’ai pensé que les gens seraient plutôt réfractaires à l’idée de jouer le rôle de « cobayes »… « Les expériences scientifiques hasardeuses… très peu pour nous ! ». Voilà ce que je pensais qu’ils allaient dire, si tant est d’ailleurs qu’ils rattachaient l’hypnose à la science. Mais finalement, mon engouement a dû être communicatif, car je n’ai eu aucune difficulté à trouver des volontaires. J’en avais presque trop !

Février et mars 2018 : l’entraînement

work for it
travailler pour ça
Travailler pour ça

Je sais que cette phase sera difficile pour moi. Je suis une perfectionniste. J’aime maîtriser les choses avant de les mettre en pratique. Et pourtant, comment maîtriser les choses si on ne pratique pas ? Bref, c’est le serpent qui se mord la queue.

Alors pour éviter de trop réfléchir (parce que sinon, comme beaucoup de monde, je cogite dans tous les sens), je prends tout de suite contact avec les amis qui ont manifesté leur intérêt envers l’hypnose, et je leur propose de se caler une date pour faire une séance. Comme ça, je sais qu’une fois que la date sera fixée, je serai au pied du mur, je ne pourrai pas reculer, et je serai obligée d’y aller.

Mon tout premier « cobaye » sera mon conjoint. Je teste sur lui quelques inductions hypnotiques, qui ont le mérite de le détendre, mais ne le plongent pas en état d’hypnose (je finirai par trouver, quelques mois plus tard, la technique la plus adéquate pour lui, puisque chacun a une façon privilégiée d’accéder à l’état d’hypnose). Qu’importe, l’essentiel étant de s’entraîner, je poursuis mon œuvre !

Forte de mes deux jours de formation, je me dis que je peux certainement aider mes amis grâce à l’hypnose. J’apprendrai plus tard que je me suis emballée un peu trop vite, et qu’il eut été préférable d’attendre d’avoir suivi les deux modules de formation suivants avant de commencer tout travail d’accompagnement.

Je me lance donc tête baissée, je complète mes maigres connaissances par des recherches sur internet, et à tâtons, je construis des séances que j’estime tenir la route.

Les premières anecdotes

lol

Et c’est là que les premières anecdotes arrivent… Une amie que j’accompagne lors d’une séance d’hypnose entre dans un état profond d’hypnose (certaines personnes sont plus réceptives, et « partent » facilement en état modifié de conscience).

 Alors que je termine la séance, elle peine à ouvrir les yeux, puis me lance tout de go « Je ne peux plus du tout bouger les bras ni les jambes ! C’est normal ?… !!! ». Evidemment, dans ces moments-là, t’as deux solutions : soit tu paniques autant qu’elle, et tu formes un beau duo de filles hystériques qui se demandent comment l’histoire va se finir…soit tu prends un air calme et détaché, et tu lui dis « Ah mais c’est super, ça veut dire que ça a très bien fonctionné, que tu étais dans un état profond d’hypnose. Mais sois rassurée, ça va revenir tout doucement, naturellement ». Et là, tu détournes son attention en tapant la discussion avec elle.

s'interroger

J’ai finalement choisi la deuxième option, même si intérieurement, tout un tas de pensées explosaient dans ma tête dans tous les sens : « Non ?! Mais qu’est-ce que j’ai fait ?!…. Peut-être que c’est parce que ça a bien marché ?… Ou peut-être que j’ai fait une bêtise ?… J’ai sûrement dû mal faire la réassociation… Mais elle va bouger bientôt oui ou non ?!… Rrrhhhhôôôô, mais dans quoi je me suis embarquée ?!… Elle va m’en vouloir… Non, mais imagine, elle reste bloquée ?… Non, mais en fait, le formateur nous a dit que c’était impossible de rester bloqué sous hypnose… Peut-être que j’ai mal compris ce qu’il a dit ?… Ma carrière est foutue… Non, mais je suis sûre que ça va bien se finir… ou pas… ». Finalement, après quelques petites minutes qui m’ont semblé interminables, tout est rentré dans l’ordre, et mon amie a pu repartir tranquillement sur ses deux jambes.

J’apprendrai plus tard, en questionnant le formateur, que la réassociation (moment qui consiste à ramener la personne vers un état ordinaire de conscience) avait certainement été trop rapide pour elle, car elle devait en effet être dans un état profond d’hypnose. A moi de réajuster cette étape la prochaine fois, et d’y aller plus en douceur.

Mars à mai 2018 : suite et fin de la formation

end

Alors que la première session de formation m’avait semblé intéressante, mais particulièrement lourde à digérer, je dois dire que les épisodes suivants furent des plus savoureux et des plus digestes !

Peut-être est-ce parce que je me suis habituée au vocabulaire de l’hypnose, que j’ai approfondi mes recherches, que je me suis entraînée… mais la suite de cette formation a été un véritable régal. La progression pédagogique était particulièrement bien orchestrée et le groupe toujours aussi sympathique.

C’est aussi lors de ces sessions de formation que je me suis aperçue que rien ne sert de courir, il faut partir à point. Toute emballée que j’étais par mes nouvelles découvertes, j’ai souhaité expérimenter des techniques que je ne maîtrisais pas encore. Et même si je ne pense pas avoir commis trop de maladresses, je dois bien avouer que le recul que j’ai maintenant me permet de voir que tout cela était un peu précipité.

L’hypnose Ericksonienne est passionnante, et emplie de nuances, de codes, de langages, tous spécifiques et qu’il faut savoir manier avec dextérité. Or, pour ce faire, il faut en avoir connaissance. Et utiliser des outils que l’on ne comprend pas, c’est comme parler une langue sans en maîtriser les nuances… on se fait comprendre, ça fonctionne plus ou moins, mais cela peut aussi donner lieu à des malentendus.

Alors, cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas expérimenter au fur et à mesure ce que l’on apprend, je veux simplement exprimer la nécessité d’attendre d’être formé(e) pour s’essayer à des techniques plus avancées, et surtout se lancer dans l’accompagnement thérapeutique, même auprès de proches ou d’amis.

Une page se tourne…

livre
une page se tourne

Et alors que la formation se termine, je réalise… Je réalise que c’est la fin d’une aventure qui aura été extrêmement riche en termes de rencontres, d’échanges et d’expérimentations. C’est comme si les quelques jours passés en compagnie de mes futurs collègues équivalaient à des mois passés ensemble. Comme si la richesse de ses moments avait démultiplié l’attachement et les liens qui s’étaient créés entre nous… Durant toute la formation, nous avons expérimenté entre nous les techniques de l’hypnose Ericksonienne. Nous nous sommes parfois confiés, nous nous sommes ouverts, et nous avons créé ce lien de confiance si particulier et indispensable à l’exercice de notre profession. Ce sont des moments que je n’échangerais pour rien au monde.

believe yourself
aies confiance en toi
Crois en toi

Cette formation m’a aussi permis de retrouver confiance en mes capacités. En effet, il faut bien avouer que le fait d’avoir passé un peu plus d’un an au chômage m’a quelque peu « abîmée ». Plus personne n’est là pour me dire que ce que je fais est bien, puisque finalement, aux yeux des autres, je ne fais « rien ». Mes échanges sociaux sont très limités puisque je vis dans une nouvelle région, dans laquelle je n’ai pas réussi à créer de liens pour l’instant, car le contexte ne m’y aide pas : je ne travaille pas, ma fille ne va pas encore à l’école, et mon conjoint travaille sur Paris, donc loin de la maison. Et même si je trouve la région très agréable, le moral était jusqu’alors légèrement en berne. Cette formation m’aura permis de hisser à nouveau les voiles, et d’avoir le courage de repartir en voyage, vers de nouvelles aventures.

Alors, certes, la fin de la formation a été particulièrement éprouvante sur un plan émotionnel, mais elle m’a laissé entrevoir le fait que la porte est en train de s’ouvrir sur un nouveau monde, encore plus coloré que celui que je connaissais jusqu’à présent.

… à suivre…

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